De plus en plus de femmes qui ne peuvent pas faire une croix sur leur souhait d’être mère malgré l’absence d’un homme dans leur vie décident de tenter cette aventure seules. Nous avons essayé d’en savoir plus sur ces femmes mais aussi sur les difficultés qu’elles ont pu rencontrer dans leur projet de maternité.

 

Faire un enfant toute seule : trouver un géniteur?

Il faut avant toute chose savoir qu’il est interdit en France de procéder à une insémination artificielle sur une femme célibataire. Cette loi est valable dans le cadre d’une insémination en centre, avec un encadrement médical mais aussi dans le cas d’un accord de don du sperme non encadré. Il est cependant très simple de trouver des donneurs “altruistes” sur des sites internet, proposant des dons dits “sauvages” (comprendre “non-encadrés” et illégaux) soit par rapports classiques soit en insémination après un don de sperme. Parfois, certaines personnes passent un accord avec un ami célibataire ou homosexuel qui accepte le don. Le risque cependant, est que le géniteur décide un jour de revendiquer la paternité de l’enfant.femme seule bébé

Quelles alternatives pour une femme célibataire ou un couple lesbien ?

Qu’elles soient célibataires ou en couple, les femmes qui souhaitent avoir un enfant, sans l’intervention d’un homme impliqué dans l’avenir de l’enfant en tant que père revendiqué, sont bloquées par la loi. En attendant les réformes envisagées par le gouvernement d’ici fin 2015, ces personnes ont du trouver d’autres alternatives. Le phénomène des “bébés Thalys” en est le fruit. Effectivement, sur l’année 2014, la Belgique, dont la législation est plus souple à ce sujet, a donné naissance à 2000 bébés dont 80% sont de mères célibataires ou lesbiennes françaises qui n’auraient pas pu être inséminées légalement et de manière encadrée, en France. Cependant, la Belgique impose un entretient préalable avec un psychologue. 10%, en moyenne, des femmes souhaitant avoir un enfant seule sont recalées à l’issue de cet entretient. Elles se dirigent donc vers l’Espagne, plus laxiste mais où le coût de l’opération est très élevé. En général, pour une insémination artificielle, une femme devra débourser 6000 euros. En sachant que la plupart des inséminations artificielles sont fructueuses autour du troisième essai, on comprend rapidement la première tentative vers la Belgique.

Les risques de la FIV en solo

Un nombre important de femmes tente l’insémination d’embryon à l’étranger, très souvent suite à de nombreuses tentatives d’inséminations en couple qui n’ont rien donné et découragé le compagnon. Effectivement, de nombreux couples ne résistent pas aux échecs de procréation répétés. Lorsque le désir reste persistant chez la femme même après la séparation, il n’est pas rare qu’elle cherche à poursuivre sa quête de maternité en solo. Aujourd’hui, l’état français pénalise lourdement les médecins qui encouragent la FIV à l’étranger, suite à certains cas dramatiques ayant mal tourné. Cela n’empêche pas de nombreuses femmes de tenter le tout pour le tout, parfois même en bravant la légalité et en diminuant les frais à l’étranger via des techniques leur permettant d’obtenir les traitements de stimulation ovarienne, en France (et donc remboursés par la SECU).

Faire un enfant seule : se préparer au jugement des autres

En France, une famille sur quatre est monoparentale. Malgré cela, dans certains pays d’Europe, des associations de père s’élèvent contre ces femmes “qui crééent des orphelins”. Les défenseurs de la famille traditionnelle montent au créneau contre les mères célibataires et les couples de lesbiennes qui priveraient leurs enfants d’une présence masculine nécessaire au bon développement psychologique et social de l’enfant. Certains montrent également une inquiétude quant à l’avenir de l’enfant si son seul parent venait à disparaître. Cependant, les psychologues spécialisés rassurent en affirmant que ce modèle familial ne comporte pas plus de risques pour l’enfant et qu’il serait bon que l’état reconsidère les nouvelles évolutions de la famille.

Aujourd’hui, il y a 1,5 millions de mères en France à élever près de 3 millions d’enfants seules.