Chaque couple, qu’il soit hétéro ou homosexuel, peut ressentir un jour l’envie de fonder une famille. Un désir intrinsèque à tout humain, pour qui avoir un enfant symbolise la sincérité d’une union ainsi que l’aboutissement d’un amour profond, un droit qui devrait être universel pour tous. Et pourtant, avoir un enfant lorsque l’on est un couple homosexuel peut vite s’avérer être le parcours du combattant. Entre barrières juridiques et sociétales, les droits des homosexuels semblent encore bien minimes en ce domaine. Mais alors comment devient-on parent quand on est homo en France ?
Des évolutions juridiques timides…

Couple de lesbienne avec un enfant

Bien que la France ait récemment accordé le droit au mariage pour un couple de même sexe, succédant au PACS, le droit à la parentalité semble plus enclin à débat. Projets de loi reportés, préjugés ou encore vide juridique, le combat pour avoir un enfant peut être long et éprouvant. Car en France, les parents homosexuels n’ont ni le droit à l’adoption, ni le droit au don de sperme, ni le droit à la gestation pour autrui. Des barrières juridiques qui ne facilitent vraiment pas le droit à élever un enfant. Par ailleurs, la communauté homosexuelle pointe désormais du doigt les familles monoparentales et les familles recomposées, de plus en plus nombreuses mettant en cause des schémas familiaux atypiques qui pourtant ne posent aucun problème d’ordre moral à la société.
Quelles sont les solutions pour avoir un enfant quand on est un couple homosexuel en France ?
Les solutions sont minimes, mais certaines existent.

L’adoption :

La loi interdit l’adoption par des parents homosexuels, mais n’interdit pas le droit à l’adoption pour un parent célibataire. C’est pourquoi l’un des deux parents est en droit de lancer un processus de demande d’adoption, sans faire état de son homosexualité. Néanmoins, cette option a ses limites, car en cas de décès du parent « officiel », le conjoint n’a alors aucun droit sur l’enfant, car il n’existe pas juridiquement et n’est pas protégé par la loi.

La coparentalité :

La coparentalité est le fait d’avoir un enfant avec un ami, de préférence homosexuel (on parlera alors d’homoparentalité). De cette manière, deux couples homosexuels ne pouvant initialement pas avoir d’enfants peuvent partager la parentalité de manière équitable.

Se tourner vers d’autres pays :

Si ces solutions ne vous conviennent pas, certains pays acceptent d’aider des étrangers homosexuels à avoir un enfant. Par exemple, la Belgique pratique des inséminations avec dons de spermes pour des couples lesbiens, ou encore les USA, dont des agences spécialisées proposent de vous mettre en relation avec des mères porteuses. Un défi international qui a néanmoins un prix, entre le cout du voyage et les frais engendrés par la procréation, mais qui peut parfois s’avérer être la seule chance d’avoir un enfant. Néanmoins, outre l’aspect financier, le statut de parent restera le même, car un seul des deux partenaires ne pourra être officiellement déclaré auprès de l’état français.

Bien que le cadre législatif et les mentalités tendent à évoluer au fil des années, le doit à la procréation pour les couples homosexuels reste néanmoins restreint, et les obstacles nombreux. La loi ne reconnaitra toujours qu’un des deux parents, au détriment du conjoint qui n’aura officiellement que le rôle d’éducateur et d’accompagnement aux yeux de l’administration française. Un vide juridique qui peut avoir des conséquences dramatiques en cas de séparation du couple ou du décès du parent et, par conséquent, de l’absence de droit pour le conjoint d’avoir une quelconque garde de son enfant. Espérons que l’exemple d’autres pays, comme la Belgique ou les USA, relance le débat sur un droit primaire, qui suscite néanmoins beaucoup de polémiques…