Devenir parents, le combat d’une vie
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Pour certains, devenir parents s’apparente à un chemin de croix. Parce que la nature s’en mêle ou que la loi s’y oppose, avoir finalement un enfant peut s’avérer compliqué et générer frustrations et découragement. Tour d’horizon des quelques situations ainsi que des solutions potentielles !

Désir d’enfant et infertilité

Environ 30 % des femmes, 20 % des hommes et 15 % des couples seraient aujourd’hui concernés par un problème d’infertilité. Dérèglements hormonaux et leur cortège de problèmes (kystes, troubles de l’ovulation), pathologies comme l’endométriose, anomalie au niveau de la production des spermatozoïdes : les causes d’une infertilité peuvent être multiples et, pour environ 10 % d’entre elles, incurables. Une fois le diagnostic d’infertilité posé, plusieurs solutions existent pour devenir parents malgré tout.

Techniques médicales d’aide à la procréation

Les techniques de PMA (procréation médicalement assistée) viennent en aide aux personnes infertiles, sous certaines condition :

  • Être un couple marié, pacsé ou en concubinage
  • L’un des partenaires ou les deux doivent présenter une infertilité attestée médicalement, ou être porteur(s) d’une maladie grave.

Pour l’heure la PMA n’est pas ouverte aux personnes célibataires en France.

Parmi les technique d’aide médicale à la procréation les plus répandues, on retrouve :

  • L’insémination artificielle

En déposant des spermatozoïdes sélectionnés dans l’utérus de la mère, on facilite la fécondation. Les spermatozoïdes peuvent être ceux du conjoint ou ceux d’un donneur anonyme.

  • La fécondation in vitro (FIV)

La fécondation se fait en dehors du corps de la femme. Après prélèvement d’un ovocyte, un spermatozoïde est injecté directement à l’intérieur. Le tout est réimplanté dans l’utérus une fois la fécondation effective (les premières divisions cellulaires ont eu lieu : on parle d’un embryon). Le sperme peut provenir d’un donneur, ainsi que l’ovocyte si jamais c’est la mère qui est infertile. A savoir : en règle générale, plusieurs embryons sont obtenus suite à une FIV. Il est possible de conserver les embryons surnuméraires pour une prochaine grossesse, ou encore pour un don.

  • Le don d’embryons

Relativement peu pratiquée, cette technique s’adresse aux couples dont les deux partenaires sont infertiles ou chez lesquels les autres techniques ont échoué. Il s’agit alors d’implanter dans l’utérus de la mère un embryon provenant d’un autre couple ayant suivi une procédure de FIV. La procédure d’accueil d’embryons, administrativement lourde et psychologiquement parfois difficile, reste aujourd’hui marginale.

La GPA à l’étranger

Rappelons que la loi française interdit strictement la gestation pour autrui. Parents d’intention, mère porteuse et éventuels intermédiaires sont passibles d’emprisonnement et de sanction financières. Néanmoins, la GPA reste un vrai sujet de société qui revient régulièrement sur le devant de la scène.

Concrètement, on estime qu’environ 200 enfants naissent chaque année à l’étranger à l’issue d’une GPA. États-Unis, Canada, Russie ou Ukraine sont les principaux pays vers lesquels se tournent les couples français décidés à devenir parents à tout prix. Des pays où la pratique est légale et encadrée : rémunération ou défraiement de la mère porteuse, prise en charge des actes médicaux… Un processus qui peut coûter jusqu’à plus de 200 000 €. Une somme qui ne permet pas à n’importe qui d’avoir recours à la gestation pour autrui, sans compter que la régularisation de la filiation de l’enfant au regard du droit français reste compliquée et peut prendre de longues années.

L’adoption

Ouverte à tous à condition d’être mariés, d’avoir au moins 28 ans et au moins 15 ans de différence d’âge avec l’enfant à adopter : l’adoption est également une solution pour enfin devenir parents. On dénombre environ 700 nouvelles adoptions par an, majoritairement à l’international. A savoir : si vous êtes célibataire ou simplement non mariés (PACS, concubinage), une procédure dite d’adoption individuelle peut être lancée. A l’issue, vous serez seul parent légal de l’enfant.

Désir d’enfant : et les délais ?

Des solutions existent donc pour devenir parents ; mais il faut compter avec des délais qui peuvent parfois allonger considérablement l’attente…

PMA

Il vous faut tout d’abord réaliser un bilan d’infertilité qui vous éclairera sur les raisons pour lesquelles vous ne parvenez pas à concevoir. Dans certains cas, examens et explorations peuvent durer sur plusieurs mois avant de parvenir à une conclusion.

Une fois les causes élucidée, le parcours vers une éventuelle grossesse est lui aussi soumis à différents délais :

  • Quelles que soit la technique de PMA envisagée, vous devrez observer un délai de réflexion d’un mois à l’issue de votre dernier entretien avec le médecin avant de lancer toute procédure.
  • Insémination artificielle et FIV nécessitent un traitement de stimulation ovarienne préalable pour la future mère. Composés « sur mesure », ces protocoles relativement contraignants peuvent, en outre, être mal supportés ou nécessiter un affinage des dosage des différents produits, ce qui peut conduire à plusieurs cycles de tâtonnement…
  • Dans le cas de procédures de PMA avec don de gamètes (spermatozoïdes, ovules), le nombre des donneurs étant largement plus faible que celui des demandeurs, l’attente peut se prolonger jusqu’à 2 ans.

GPA à l’étranger

Ceux qui ont fait le choix de la gestation pour autrui à l’étranger rapportent des délais d’attente de l’ordre de deux ans entre la décision initiale et la naissance de l’enfant. Le plus simple reste de s’adresser à une agence spécialisée comme on en retrouve dans les pays où la GPA est légale : du choix de la mère porteuse aux démarches administratives, en passant par les examens médicaux et le choix de la fécondation (insémination artificielle ou FIV ?), sans oublier la signature d’un contrat en bonne et due forme, elles se chargent de tout.

Adoption

Les délais dans le cadre d’une adoption en France sont souvent montrés du doigts. Les personnes souhaitant adopter doivent tout d’abord obtenir un agrément des services sociaux, ce qui demande en moyenne 9 mois ; ensuite débute la longue attente de l’enfant tant désiré…

L’agrément est délivré pour 5 ans. Et suivant le(s) pays dans lesquels vous souhaitez adopter, il faut compter de 2 à 4 ans avant de devenir officiellement parents ! Listes d’attente, critères de priorité et de revenus peuvent considérablement moduler ces chiffres.

Devenir parents malgré des problèmes de fertilité ou encore des obstacles d’ordre légal est possible si vous êtes déterminés et patients : Les délais parfois très longs peuvent paraître décourageants, les multiples démarches administratives rébarbatives et les frais non négligeables à engager sont également des facteurs de frustration. Mais au bout du chemin se trouve un vrai trésor : devenir parents, ça n’a pas de prix !