Il est courant d’affirmer qu’un couple en conflit – ouvertement ou non – ne peut que nuire au bien-être de ses enfants. Si aucun enfant ne le perçoit ni ne le vit de la même façon, un environnement nourri de tensions, voire de cris, n’est jamais favorable. Surtout, des parents malheureux se montrent souvent moins disponibles, moins patients et moins chaleureux à l’égard de leur progéniture. À l’inverse, pourrait-on affirmer qu’un couple heureux dans sa parentalité profite au développement de l’enfant ? Une équipe de l’université d’État de Pennsylvanie, aux États-Unis, s’est penchée sur la question en étudiant les résultats à long terme d’un programme de coaching parental.

Sad boy in new home while parents quarreling

Développer des compétences à deux.

Le programme américain Family Foundations aide les parents à…  devenir parents : il les encourage à s’entraider, à constituer une équipe solide, à développer une parentalité sereine et à gérer les conflits à travers une série d’ateliers, de séances d’échanges avec d’autres parents, de DVD et de brochures d’information. L’équipe de Pennsylvanie a suivi 98 couples enrôlés dans ce programme, avant la naissance et jusqu’aux 5 à 7 ans de l’enfant. Les résultats, publiés dans le Journal of Family Psychology, une revue de la Société américaine de psychologie, sont sans appel. Ainsi, les instituteurs rencontrent beaucoup moins de problèmes ou de troubles du comportement chez les enfants dont les parents suivent le programme. Et, de façon plus globale, ces programmes, parce qu’ils permettent une coparentalité harmonieuse, s’avèrent bénéfiques pour le développement de l’enfant.

À coparentalité heureuse, enfant heureux.

Face à une relation interparentale épanouie, l’enfant s’adapte mieux aux situations qu’il rencontre, présente de meilleurs résultats scolaires et se concentre plus facilement et plus longtemps. Là ne réside pas l’intégralité d’un développement heureux mais les parents qui ont suivi le programme Family Foundations se sentent plus confiants, donc moins stressés et plus disponibles pour leurs enfants. Les tâches se répartissent plus aisément entre les deux membres du couple, le dialogue est facilité, les angoisses mieux maîtrisées et le soutien mutuel. Un environnement idéal, dénué de certaines frustrations qui peuvent rapidement devenir encombrantes et qui, forcément, évite de devenir un parent irritable, dur et impatient vis-à-vis d’un petit. Plus léger dans son couple, l’adulte peut se sentir et même se montrer plus aimant. L’enfant grandit dans une certaine sécurité affective et, si rien ne peut bien sûr être garanti, gagne de toute façon en bien-être. L’autorité est assumée et justifiée, au lieu d’être signe de nervosité. Le tout crée un quotidien apaisé, qui permet à chacun de se recentrer sur des questions essentielles telles que l’éducation de l’enfant, son accompagnement dans la vie scolaire, l’appréhension de ses besoins et, cerise sur le gâteau, le partage d’activités en famille. Être parent, cela s’apprend.
Découvrez le rapport gouvernemental sur les programmes de soutien à la parentalité développés un peu partout dans le monde.