En moins de 10 ans, le nombre d’enfants nés d’une mère de plus de cinquante ans a triplé dans certains pays d’Europe. Une situation qui inquiète les autorités sanitaires françaises, à juste titre, puisque passé l’âge des 50 ans, une grossesse présente des risques non négligeables pour la santé de la maman et de l’enfant.

Un bébé après 50 ans, des risques pour la maman

Il faut savoir que la majorité des grossesses menées à un âge avancé ont été rendues possible par une assistance médicale. Nous parlons ici de  fécondation in vitro, qui impose l’intervention d’un professionnel et la plupart du temps un traitement particulier. Ce sont donc les pays occidentaux les plus évolués qui restent particulièrement touchés par cette hausse statistique, car ces derniers favorisent l’accès à ces pratiques coûteuses et nécessitant un suivi. Des mesures ont d’ailleurs été prises et il est désormais interdit de procéder à une fécondation in vitro, en France, sur une femme de plus de 49 ans. De plus, dans certains pays européens, le remboursement des frais médicaux n’a plus lieu après 43 ans.

Cela laisse un reste à payer important et inaccessible pour la plupart des foyers. Ces mesures ont été mises en place afin de limiter au maximum les risques médicaux liés à une grossesse tardive. Et ils sont nombreux : les gynécologues-obstétricens mettent en garde les futures mamans contre les risques plus forts d’hémorragie de la délivrance le jour de l’accouchement et d’un taux d’extraction instrumentale nécessaire beaucoup plus élevé, ce qui rendra la rééducation de la mère plus longue. Également, le travail est généralement plus long lorsque l’âge de la mère dépasse 40 ans et la césarienne de plus en plus courante. Il ne faut pas négliger le taux de mortalité maternel plus élevé, mais qui reste fort heureusement minime en Europe.

Les risques pour le bébé lors d’une grossesse tardive

enceinte a 50 ans

La surveillance de la grossesse après 40 ans se passe de la même manière qu’une grossesse survenue à un âge moins avancé, sauf à l’initiative particulière du gynécologue. On note tout de même des risques supplémentaires pour toutes les complications communes et surveillées lors de la grossesse : placenta previa (insertion basse du placenta), toxémie gravidique (complication rénale), décollement prématuré du placenta et hypertension de la grossesse.

Un bébé après 40 ans, des raisons sociales

Il est aisé de comprendre cette tendance au regard de l’évolution des moeurs concernant le divorce, par exemple. Il est de plus en plus commun de se remarier après un divorce survenu entre 35 et 40 ans. Les professionnels de la procréation notent un désir de plus en plus fréquent de sceller un deuxième mariage avec l’arrivée d’un nouvel enfant. Enfin, de plus en plus de femmes souhaitent se consacrer, dans la première partie de leur vie d’adulte, à leur carrière avant d’envisager la maternité, ce qui repousse la date d’arrivée du premier enfant et d’autant plus celle des suivants.

Des conséquences psychologiques à ne pas négliger

Certains obstacle surviendront après la naissance de l’enfant et lorsque celui-ci commencera à grandir. Effectivement, beaucoup de personnes émettent une réserve quant au fait de donner naissance à un enfant à 50 ans. L’argument récurrent est bien entendu celui de la différence d’âge. A 10 ans, l’enfant pourra être déstabilisé face à l’âge déjà avancé de sa mère et les comparaisons avec les autres enfants ne tarderont pas à pointer le bout de leur nez. De plus, l’enfant, très tôt dans sa vie, sera confronté à la vieillesse de ses parents, qui atteindront l’âge de 70 ans quand celui-ci en aura 20. La date d’entrée en retraite des parents, bien que dernièrement reculée, correspondra avec l’entrée dans les études supérieures de l’enfant. Ces dernières sont de plus en plus coûteuses et ce décalage pourra être un frein potentiel à l’épanouissement scolaire et professionnel du jeune adulte.

Il est donc nécessaire de se poser les bonnes questions avant une grossesse tardive. De plus, certains médecins préconisent, lorsque la grossesse est prévue, de mener un bilan de santé complet de la maman, afin de traiter avant toute chose certaines pathologies éventuelles, pouvant être amplifiées par la grossesse et devenir dangereuses. La plupart des gynécologues s’entendent tout de même sur un point : après quarante ans, de plus en plus de femmes sont en parfaite santé et aptes à donner la vie sans risque plus élevé.