Chaque année en France, 15 000 femmes sont concernées par une grossesse extra-utérine (GEU). Si ce nombre ne représente que 2% à 4% environ des grossesses, les conséquences peuvent être très graves pour la femme. Apprendre à en reconnaître les symptômes pour bénéficier d’une prise en charge rapide permet de diminuer les risques.

Une grossesse extra-utérine, c’est quoi ?

Lors d’une grossesse « normale », l’ovule fécondé par le spermatozoïde descend les trompes de Fallope pour se loger dans la paroi de l’utérus. Or, dans le cas d’une grossesse extra-utérine (appelée également grossesse ectopique), l’ovule s’implante en dehors de l’utérus, généralement dans l’une des trompes de Fallope. Malheureusement, la trompe est bien trop étroite pour qu’un embryon s’y développe ! Parfois (mais c’est très rare), l’œuf se fixe sur un ovaire, au niveau du col de l’utérus ou dans la cavité abdominale.

Quels sont les symptômes d’une grossesse extra-utérine ?

Problème : la grossesse extra-utérine est souvent difficile à détecter car les premiers symptômes ressemblent à ceux d’une grossesse normale (fatigue, nausées, ou encore seins hypersensibles). A ce stade de la grossesse, bon nombre de femmes ne savent même pas qu’elles sont enceintes, ce qui rend le diagnostic encore plus compliqué.

Néanmoins, si lors des trois à huit premières semaines de grossesse, des douleurs au niveau du bas du ventre et des saignements de couleur brune ou noirâtre se manifestent, il faut consulter son médecin au plus vite. Un évanouissement précédé de vertiges, des vomissements et une diarrhée (avec ou sans douleurs) doivent également alerter. Ces symptômes ne sont pas nécessairement liés à une grossesse extra-utérine, mais mieux vaut s’en assurer.

Seul le docteur pourra confirmer ou infirmer la grossesse extra-utérine grâce à un toucher vaginal, une échographie et une prise de sang afin de doser le taux de l’hormone de la grossesse, appelée hCG ou hormone chorionique gonadotrophique. En effet, le taux béta hCG se révèle plus faible lors d’une grossesse extra-utérine.

Comment peut-on traiter une grossesse extra-utérine ?

La grossesse extra-utérine doit être traitée au plus vite. Car si l’ovule continue de se développer dans la trompe, il risque à terme de la faire éclater et de provoquer une hémorragie « cataclysmique » (selon les termes médicaux) très dangereuse pour la femme, voire fatale dans des cas très rares. La GEU entraîne également la perte de l’embryon.

D’où l’importance de faire attention aux moindres symptômes de la GEU et de consulter sans attendre afin d’être prise charge le plus rapidement possible. Selon la gravité de la situation, une hospitalisation pourra être envisagée.

Dans le cas où la grossesse extra-utérine est décelée assez tôt, un traitement médical par injection intramusculaire de Méthotrexate peut être suggéré. Ce traitement a pour but de nécroser l’œuf. Une surveillance échographique dans les jours suivants l’injection est menée pour s’assurer que l’œuf a bien disparu.

Si la situation est plus urgente, notamment en cas d’hémorragie interne, il faudra procéder à l’enlèvement d’une partie ou de la totalité de la trompe par opération chirurgicale, sous anesthésie générale et par cœlioscopie.

Peut-on devenir stérile après une grossesse extra-utérine ?

Une grossesse extra-utérine ne rend pas forcément stérile. En fait, selon le Collège National des Gynécologues-Obstétriciens Français (CNGOF), 60% des femmes retombent enceintes dans les deux ans qui suivent la guérison. Il faut toutefois rester prudente car le taux de récidive est de 10 à 30%. Il est donc tout à fait possible de faire un bébé, même si parfois le recours à la Procréation Médicalement Assistée (notamment une fécondation in vitro), est nécessaire lorsque les trompes ont été endommagées.

Une grossesse extra-utérine peut s’avérer très dure à vivre pour les femmes qui doivent non seulement faire le deuil de l’enfant à naître, mais aussi selon les cas accepter une potentielle difficulté à tomber enceinte. Un accompagnement psychologique est souvent conseillé pour aider ces femmes à se reconstruire après cette expérience traumatisante.