Devenir parents peut relever du parcours du combattant. Alors quand on est gays, lesbiennes, transexuels, bisexuels ou queer, les difficultés se multiplient. Où en est la loi ? Quelles sont les solutions pour les couples homosexuels et les couples issus de la communauté LGBTQ+ ? Quelles sont les différentes formes de parentalités possibles ou admises dans la société ? Revenons ensemble sur les différents moyens de devenir parents quand on fait partie des LGBTQ+.

LGBTQ+ & co

Petit rappel important. L pour Lesbienne, G pour Gay, B pour Bisexuel, T pour Transsexuel-le et Q pour Queer. Le + englobe de nombreuses personnes aux sexualités et genres moins courants.

Aux États-Unis, on retrouve le sigle LGBTQIA. L’initiale I renvoie au terme intersexe (personne ni homme, ni femme) et le A pour asexuel (personne ne désirant pas de rapport sexuel). Le signe LGBTTQQIAAP peut aussi être employé. Celui-ci comprend, en plus de la liste énumérée en début de paragraphe, des personnes transgender, des questioning (personne qui s’interroge sur sa sexualité), des allies (alliés hétéro à la cause) ainsi que des pansexuels (personnes attirées par tous les genres).

Le T pour trans est un terme générique comprenant toutes les personnes trans quels que soit leur par-cours. On peut être plus précis en utilisant le terme transexuel ou transsexuelle pour les personnes trans opérées. Les personnes non opérées peuvent, quant à elles, être appelées transgenres.

 

Couple de femmes tenant un enfant

 

L’adoption

Pour les lesbiennes et gays en couple, l’adoption peut être une solution. En effet, en France, depuis le 18 mai 2013, les couples homosexuels peuvent se marier. Ils peuvent ainsi avoir légalement recours à l’adoption. Le couple lesbien ou gay peut donc adopter ensemble. Ce qui n’était pas le cas avant la loi du mariage pour tous. Avant la loi, les personnes homosexuelles pouvaient adopter mais seule en tant que célibataire. Cette option était injuste laissant un des deux partenaires de côté et non reconnu comme parent légal par l’Etat.

Sur le papier, un couple marié (deux hommes ou deux femmes) peut donc légalement adopter. Dans les faits, les couples homosexuels, lesbiennes comme gays, rencontrent plus de difficultés que les couples hétérosexuels dans leur démarche d’adoption. En effet, de nombreux pays interdisent encore l’adoption aux couples homosexuels. C’est le cas de la Chine, de la Russie, de l’Inde ou encore du Pérou.

Cette interdiction peut être contournée si un des membres du couple fait la démarche d’adopter en tant que célibataire. Là encore de nombreux pays privilégient les couples hétérosexuels ou même les femmes célibataires. La tâche s’avère plus complexe pour les hommes célibataires. Le Mexique ou la Lettonie acceptent par exemple les femmes célibataires mais pas les hommes célibataires.

D’autres pays refusent complètement les célibataires comme de nombreux états africains, la Thaïlande ou encore le Sri Lanka. L’adoption reste donc une option même si celle-ci est semée d’embûches. Le processus demande beaucoup de patience et reste injuste et inégal.

La PMA, la procréation médicalement assistée

La PMA pour toutes est entrée en vigueur en France depuis le 29 juin 2021. Cette procédure médicale était, avant la loi, adressée uniquement aux femmes hétérosexuelles qui rencontraient des difficultés à tomber enceinte. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Les lesbiennes ainsi que les femmes célibataires souhaitant avoir un bébé, ont désormais accès de plein droit à la PMA. La loi relative à la bioéthique ne prend plus en compte seulement l’infertilité des femmes hétéro. Une bonne nouvelle pour toutes les femmes françaises qui devaient se rendre dans un autre pays pour mener à bien leur PMA.

La PMA peut se dérouler de deux manières :

  • soit par IAD, Insémination Artificielle avec sperme de Donneur ;
  • soit par FIV, Fécondation in vitro.

Cette nouvelle loi oblige aussi les donneurs de sperme à ne plus être anonyme, au nom du droit d’accès aux origines. Les enfants nés de PMA ou AMP (Assistance Médicale à la Procréation) pourront à leur majorité, s’ils le désirent, avoir accès à leurs origines.

Dans les faits, cette nouvelle loi doit encore être rodée. Depuis l’entrée de la loi en vigueur, les demandes ont explosé. En effet, les femmes souhaitant avoir recours à la PMA doivent patienter plus d’un an. Un délai long qui pousse encore de nombreuses femmes à se rendre dans des pays voisins comme l’Espagne ou la Belgique.

La GPA, la gestation pour autrui

La GPA ou gestation pour autrui signifie qu’un couple fait appel à une femme, la mère porteuse, pour porter l’enfant. La GPA est, avec l’adoption, l’alternative classique pour les couples gays. Ceux qui souhaitent un lien génétique avec l’enfant se tourneront vers la GPA. Plusieurs cas sont possibles :

  • D’un commun accord, un des deux partenaires donne son sperme. Il sera le père biologique de l’enfant.
  • Les deux hommes peuvent donner chacun leur sperme ainsi ils ne savent pas qui est le père biologique de l’enfant.
  • Il est aussi possible avec l’accord de la mère porteuse, de transférer deux embryons fécondés avec le sperme des deux parents d’intention. Les chances d’une grossesse multiple sont multipliées.

La fécondation se réalise en laboratoire (in vitro). On procède ensuite à une sélection embryonnaire pour mettre toutes les chances de son côté. On implante ensuite l’ovule fécondée dans l’utérus de la mère porteuse.

Il faut savoir que la GPA est une procédure interdite en France. Les couples doivent se rendre à l’étranger pour y avoir recours. Dans certains états des USA comme la Californie, la Floride et l’Utah ou alors au Canada où la GPA est autorisée sur tout le territoire. Les États-Unis restent la destination favorite pour les couples homosexuels à la recherche d’une mère porteuse. Le grand + ? Les deux pères sont reconnus sur le certificat de naissance de l’enfant.

Toute l’importance de la coparentalité pour les couples LGBTQ+

Parent légal, parent social, parent d’intention, les nouveaux types de familles ont mené à revoir la notion de parentalité. Et c’est tant mieux !

Vous l’aurez compris, le parent social est un statut très présent au sein des familles homoparentales et BTQ+. Cette personne ni liée biologiquement à l’enfant, ni reconnue par l’état reste pour autant et avant tout, un parent. Ce parent social est un terme inhérent au terme de la coparentalité. Une évolution logique et nécessaire de la vision de la famille du XXIe siècle.

Outre les GPA et PMA, de nombreux couples homosexuels se tournent vers des amis proches de sexe opposé pour réaliser leur rêve d’enfant. Cette famille agrandie est l’idée même de la coparentalité.