Le don d’ovocytes en France ne fait que trop peu d’émules alors qu’il s’avère parfois indispensable à des couples qui ne peuvent pas avoir d’enfant. L’attente peut durer jusqu’à quatre ans, soit autant de mois grévant leur chance d’obtenir une grossesse. Au dernier recensement, en 2012, l’Agence de la biomédecine a comptabilisé 422 donneuses. Mais, de l’autre côté, plus de 2 000 couples espéraient. Peu et mal connu, le don d’ovocytes est aussi un processus lourd pour la femme qui se lance.

Il y a des pénuries qui s’expliquent. Outre le fait qu’un don, quel qu’il soit, relève de toute façon d’une démarche personnelle, le don d’ovocytes a ceci de particulier qu’il demande à celle qui franchit la porte d’un des centres agréés en France de passer une série d’examens puis, si elle est retenue, de suivre un traitement hormonal pendant une dizaine de jours, en l’occurrence des injections sous-cutanées quotidiennes. Une période durant laquelle la donneuse est étroitement surveillée pour pouvoir déterminer justement le jour idéal de ponction des ovocytes, opération qui lui demandera une journée d’hospitalisation. Le don d’ovocytes, s’il fait beaucoup, n’est généralement pas sans quelques effets secondaires, certes passagers. Il requiert aussi une disponibilité qui rend le geste d’autant moins anodin. Les volontaires, souvent impressionnées, manquent en tout cas à l’appel.

Objectif 900 donneusesdon-ovocytes

Des gynécologues expliquent par ailleurs le faible nombre de dons d’ovocytes par la motivation du geste : les femmes font très rarement un tel don sans raison. Celles qui se décident ont la plupart du temps dans leur entourage une femme qui souffre d’infertilité et les a donc sensibilisées au problème. S’il est impossible pour la donneuse de savoir à qui ses ovocytes seront attribués, par ce geste elle diminue le temps d’attente des receveurs et donc de son proche. Enfin, les centres notent que la quasi-totalité des donneuses est de type caucasien, empêchant de répondre à la diversité des profils des receveuses. En effet, si le don d’ovocytes est anonyme, il est tout de même autorisé, pour les couples dans l’attente d’une fécondation in vitro, d’établir un certain nombre de critères morphologiques comme l’origine ethnique, la couleur de la peau, celle des cheveux ou encore des yeux.

La toute nouvelle campagne de sensibilisation de l’Agence de biomédecine permettra-t-elle de répondre à une demande croissante ? Cette agence gouvernementale propose au grand public de se tester en ligne, sur http://donneurdebonheur.agence-biomedecine.fr/, pour savoir quel donneur de bonheur est-il. Une belle – et – juste expression destinée à susciter l’intérêt de chacun et un test prétexte à expliquer simplement en quoi consiste le don, d’ovocytes ou de sperme. L’Agence de biomédecine vise le chiffre de 900 donneuses pour 2015 – un objectif qui permettrait de répondre à tous les couples dans l’attente et d’éviter que de nombreux couples se rendent à l’étranger – et rappelle que le don d’ovocytes est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie. Femmes de moins de 37 ans et déjà mères d’un enfant, et si vous déposiez ce cadeau au pied du sapin de l’infertilité ?