Le sperme n’est plus ce qu’il était et personne n’y échappe ! Si certains travaux tendaient déjà à le prouver, une large étude française menée par l’Institut de veille sanitaire vient de paraître dans la revue internationale « Reproduction » et décrit le phénomène région par région. La semence de plus de 26 600 hommes a ainsi été passée au peigne fin, grâce aux données de la base Fivnat dans laquelle ont été enregistrées, jusqu’en 2005, les tentatives d’aide médicale à la procréation en France. Le résultat confirme une chute continue de la concentration en spermatozoïdes depuis 1989 : en en perdant chaque année près de 2 %, le sperme français contient aujourd’hui environ un tiers de spermatozoïdes en moins ! Un homme de 35 ans ne comptabilise donc plus en moyenne que 49,9 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme contre 73,6 en 1989.

La faute principalement à l’environnement

et à l’exposition aux perturbateurs endocriniens (pesticides, phtalates, bisphénol A…) depuis les années 50. Mais, si tout le territoire est touché par cette altération de la qualité du sperme, l’Aquitaine et la région Midi-Pyrénées affichent les moyennes les plus mauvaises. Ce ne sont pourtant pas les régions où la consommation de tabac et d’alcool sont les plus élevées, ni où un fort surpoids pourrait être jugé responsable, mais l’agriculture, justement, y est intensive. L’Aquitaine, viticole, est la première région française pour l’emploi dans le secteur agricole et la deuxième en nombre d’exploitations. Midi-Pyrénées, région viticole et grande productrice d’arbres fruitiers, est la première en nombre d’exploitations et la deuxième en termes de surface cultivée. Or, les activités viticoles sont celles où l’on utilise le plus de pesticides proportionnellement à la surface.spermatozoide

Pas de panique pour autant :

les concentrations spermatiques restent globalement dans la norme fertile fixée par l’Organisation mondiale de la santé, à savoir une concentration supérieure à 15 millions de spermatozoïdes par millilitre. Et la mobilité des gamètes mâles augmente légèrement dans l’ensemble des régions françaises, à l’exception toutefois de la Bourgogne qui suit une tendance inverse… Maintenant que la dégradation française est officielle, l’Institut de veille sanitaire a en tout cas placé ces messieurs sous surveillance européenne.