La presse italienne rapporte ce qui s’apparente à une décision historique pour les couples qui ne peuvent pas avoir d’enfants. Si la gestation pour autrui est illégale dans la Botte, le parquet de Milan a décidé de ne pas condamner pour autant un couple de Lombardie qui s’était rendu en Ukraine pour faire appel aux services d’une mère porteuse. Ils avaient été mis en examen pour avoir falsifié aux yeux de la loi italienne le certificat de naissance de leur fils en lui donnant leur nom alors que cet enfant avait été porté par une autre mère, en l’occurrence une jeune fille, rémunérée pour cela. Ils risquaient jusqu’à quinze ans de prison mais le tribunal a estimé que la situation du couple est emblématique car malgré l’évolution des techniques médicales et scientifiques, certaines familles mariées souffrant de problèmes de reproduction ne peuvent pas concrétiser leur droit à la paternité.

30 000 € pour une mère porteusemere-porteuse

La femme qui était jugée souffre en l’occurrence d’une maladie qui l’empêche de mener une grossesse à terme. Elle et son mari avaient donc décidé de recourir à l’insémination artificielle. Pour ce faire, ils se sont rendus à Kiev, dans une clinique spécialisée dans la gestation pour autrui, Biotex. Entre les frais de la clinique et ceux de la mère porteuse, le couple aura dû verser 30 000 euros. Il suit de près la grossesse, assistant aux échographies puis à l’accouchement. Leur fils nait en 2010. La mère porteuse certifie par un notaire l’absence de tout lien génétique avec l’enfant et consent que les époux soient reconnus comme seuls parents. Ces derniers obtiennent alors un certificat de naissance ukrainien tout ce qu’il y a de plus régulier. Mais en rentrant en Italie, au moment de faire reconnaître ce document, un employé de la mairie tique et les dénonce… Heureusement, pour les tribunaux de première instance, il ne fait aucun doute que l’acte de naissance est conforme à la loi du pays où l’enfant est né, en Ukraine, et que l’Italie se doit de l’accepter. Un cas qui pourrait faire école.