Quand les kilos pèsent sur la fertilité
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Il n’existe aucune recette miracle pour être certain de devenir parent. Il est toutefois possible de mettre toutes les chances de son côté. Futur papa, future maman, mollo donc sur le gras !

De nombreuses études avaient déjà rendu des conclusions tendant à prouver que le surpoids nuit à la qualité du sperme. Un récent travail français vient confirmer que le sperme des hommes obèses est moins riche en spermatozoïdes, ce qui peut amoindrir leur fertilité. L’étude a été conduite sur près de 2 000 personnes par un groupement de laboratoires de douze pays européens. Les chercheurs ont analysé le volume de sperme, son pH, la concentration des spermatozoïdes par millilitre de sperme, leur quantité, leur mobilité, leur vitalité, leur forme…, ainsi que l’indice de masse corporelle (IMC) du patient. Cet indice se calcule en fonction du poids et de la taille pour définir la corpulence de l’individu.

gras infertilité

Résultat : plus l’homme est en surpoids, plus la qualité de son sperme diminue. La concentration en spermatozoïdes baisse de 10 % par rapport aux patients de poids normal, et même de 20 % chez les hommes obèses. Chez ces derniers, la mobilité des spermatozoïdes baisse en outre de 10 %. Le nombre de spermatozoïdes en prend aussi un coup : si les hommes de poids normal comptabilisent de 184 à 194 millions de spermatozoïdes par millilitre, ce chiffre descend entre 164 et 186 chez ceux en surpoids et entre 135 et 157 chez les obèses. Pire, l’azoospermie, soit une absence totale de spermatozoïdes, touche 3,8 % des hommes obèses quand seulement 1 % des hommes de poids normal en souffrent.

Selon les auteurs de l’étude, il pourrait s’agir de désordres hormonaux provoqués par le surpoids. La bonne nouvelle est que le problème serait réversible : 300 patients ont pu, en perdant du poids, retrouver un sperme plus fertile.

Recours a la PMA?

Les futures mères ne sont pas en reste. Quand un tiers des femmes en âge de procréer sont touchées par le surpoids ou l’obésité, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français a rappelé au cours de son congrès annuel le risque accru de complications pendant la grossesse (notamment d’hypertension et de diabète) et au moment de l’accouchement (davantage de césariennes et d’hémorragies), de fausses couches, de morts in utero, de prématurité, voire de malformations congénitales (neurologiques et cardiaques) chez les nouveau-nés. Une longue liste qui n’a cessé de s’allonger ces dernières années et qui reste pourtant méconnue des futures mères comme d’une partie de la communauté médicale.

Les risques débutent dès le surpoids et augmentent proportionnellement au poids. En outre, l’obésité de la mère double, voire triple les risques d’obésité chez son enfant entre 2 et 4 ans. Une seule solution : perdre du poids avant la grossesse. D’autant qu’au-delà de ces multiples risques, les femmes obèses sont plus souvent confrontées à l’infertilité, subissant plus fréquemment des troubles de l’ovulation, tandis que les traitements de stimulation ovarienne sont plus longs et moins efficaces pour elles. Au Royaume-Uni, la fécondation in vitro (FIV) est même refusée aux femmes dont l’IMC dépasse 35.

Futurs parents, en essayant de maîtriser votre poids, vous augmentez ainsi vos chances de procréer naturellement et d’éviter la procréation médicalement assistée (PMA).