À l’état de base, le vagin contient certaines bactéries qui constituent la flore saprophyte, il s’agit là d’une situation normale. Lorsque cette flore est déséquilibrée par un événement extérieur, comme la prise d’antibiotiques ou une attaque de la flore vaginale, cela peut favoriser la survenance d’une infection vaginale. À ce titre, il existe de nombreuses infections différentes : certaines sont à champignons, d’autres d’origines virales ou encore bactériennes, souvent transmissibles sexuellement. Une infection vaginale risque-t-elle de vous rendre infertile ? Réponse dans cet article avec Co-parents.

femme souffrant d'infection vaginale

Les infections à champignons

Lorsque l’on parle de ce type d’infections, on cite prioritairement la mycose génitale. Cette dernière est causée par un champignon du nom de Candida albicans, dont l’origine réside le plus souvent dans un déséquilibre de la flore vaginale. Durant la grossesse, cette infection est très fréquente et n’a aucun effet sur son bon déroulement. En outre, elle se traite facilement grâce à un traitement antifongique à insérer directement dans le vagin. Il vous faut attendre 1 à 7 jours en moyenne pour être complètement guérie.

Pendant l’infection, il est souvent recommandé d’utiliser un savon alcalin. Après l’infection, il est préférable d’utiliser un savon neutre afin d’éviter une nouvelle infection du même type. Le partenaire fait aussi l’objet d’un traitement s’il présente un signe d’infection au niveau de la verge.

La mycose vaginale peut entraîner une opacité de la glaire cervicale, ce qui est susceptible de réduire les chances de tomber enceinte. En effet, une altération infectieuse du PH de la glaire cervicale peut empêcher l’ascension des spermatozoïdes vers l’utérus et donc empêcher la fécondation.

Les infections virales

Il existe plusieurs infections virales : le condylome vaginal et l’herpès génital en priorité.

L’herpès génital

On estime qu’environ 20 % des femmes sont touchées par le virus de l’herpès génital. Cette infection, transmise sexuellement, est due aux virus HSV I et II. Il est impossible de guérir complètement de cette infection, le virus pouvant se réactiver au cours de la vie.

La prise de médicaments antiviraux contre l’herpès génital peut aider à atténuer les symptômes, marqués par l’apparition de petites vésicules transparentes et douloureuses sur l’organe sexuel, généralement remplies de liquide.

Il n’est pas reconnu de risque particulier d’infertilité en ce qui concerne l’herpès génital. Il faudra néanmoins veiller à ne pas présenter d’autres infections en parallèle puisqu’une autre infection combinée pourrait réduire vos chances de tomber enceinte. La réalisation de prélèvements sanguins et/ou vaginaux est donc recommandée en ce sens.

Le condylome vaginal

Causée par le papillomavirus et transmise sexuellement, cette infection présente une dangerosité qu’il est nécessaire de prendre en compte, ce qui explique qu’il soit important de la soigner rapidement.

Le condylome se manifeste concrètement par l’apparition de verrues disgracieuses en crêtes de coqs au niveau du vagin. On estime qu’environ 3 % des femmes enceintes sont atteintes par cette infection. Pendant la grossesse, elle risque d’infecter l’enfant et pose difficulté au moment de l’accouchement puisqu’elle peut être à l’origine de lésions du larynx ou de la bouche chez l’enfant. Durant la grossesse, le traitement se composera d’une crème abrasive, parfois d’une séance de cryothérapie.

Le condylome vaginal est potentiellement dangereux pour la fertilité de la femme puisqu’il peut causer des lésions importantes au niveau du col de l’utérus. Il est conseillé aux femmes qui n’ont pas encore eu de rapports sexuels ou bien dans l’année qui les suit de se faire vacciner : il s’agit du vaccin Gardasil.

Les infections bactériennes

On en dénombre trois principales, ces dernières pouvant avoir des conséquences plus ou moins importantes sur la fertilité.

L’infection à Chlamydia trachomatis

Cette infection, rencontrée chez environ 4 % des femmes et 3 % des hommes, est souvent asymptomatique (chez 70 % des femmes et environ 50 % des hommes), ce qui signifie que celui qui en est porteur n’en a souvent pas connaissance.

Cette infection sexuellement transmissible peut se manifester par des douleurs en bas du ventre et des pertes vaginales du côté des femmes. Les hommes font majoritairement état de sensations de brûlures urinaires et/ou de démangeaisons au niveau du gland. Cette infection est à prendre au sérieux puisqu’elle peut être la cause de stérilité, principalement chez la femme. Elle peut également causer une grossesse extra-utérine, une fausse couche, une prématurité ou encore une infection grave de la muqueuse utérine.

L’infection est facilement diagnostiquée grâce à un prélèvement cervico-vaginal pour la femme et un jet d’urines pour les hommes. Le traitement est fait par antibiotiques, soit par un traitement à prendre en une seule fois soit par un traitement à prendre en une ou deux semaines en fonction des contre-indications.

L’infection à Neisseria gonorrhoeae

L’infection à gonorrhée, transmissible sexuellement, se propage d’autant plus rapidement qu’elle est asymptomatique chez la majorité de ceux qui en sont touchés. Autrefois appelée « chaude pisse », cette infection peut être la cause d’une infertilité chez la femme comme chez l’homme ainsi que de syndromes inflammatoires chroniques, surtout si elle est accompagnée d’autres infections comme la chlamydia par exemple.

Cette infection, qui progresse en silence, est diagnostiquée grâce à un prélèvement cervico-vaginal pour la femme. Le traitement se fait par prise d’antibiotiques.

La femme touchée par cette infection durant sa grossesse doit obligatoirement se faire soigner le plus rapidement possible puisque le risque de transmission à l’enfant pendant l’accouchement est de 30 % environ et peut occasionner chez lui un risque de cécité.

La vaginose bactérienne

La vaginose bactérienne est causée par un déséquilibre important de la flore vaginale avec prolifération de bactéries qui n’ont pas besoin d’oxygène pour se développer. Les symptômes sont constitués en particulier de pertes vaginales anormales et malodorantes. Dans 50 % des cas, cette infection n’entraîne aucun symptôme en particulier.

Si elle peut favoriser le développement d’autres infections, notamment celles transmissibles sexuellement, elle peut aussi être à l’origine d’une difficulté à concevoir un enfant. En effet, cette infection vaginale s’accompagne d’une glaire cervicale moins perméable aux spermatozoïdes, ce qui réduit les chances de tomber enceinte. Cette infection peut aussi entraîner une fausse couche ou bien un accouchement prématuré. Il est donc préférable de traiter cette infection avant tout désir de grossesse.