Voici ce que vous devriez savoir sur les tests de paternité
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Vous avez des doutes quant à l’identité du père de votre enfant ? Un test de paternité permettra de lever tout soupçon et dans certains cas, d’obtenir (ou supprimer) des subsides ou dommages et intérêts.

Dans quel cadre réaliser un test de paternité ?

Parfois, quand on est une mère célibataire ou dans une relation libre par exemple, il arrive que l’on ne soit pas sûr de l’identité du père. Un test de paternité va alors permettre d’établir (ou de contester) le lien de filiation entre l’enfant et le père présumé. Les enjeux sont multiples, puisque les résultats permettront de déterminer les conditions de l’exercice de l’autorité parentale, d’exiger ou supprimer une contribution financière du père présumé (subsides ou pension alimentaire), ou encore de déterminer l’attribution du nom du père.

En France, seule la mère de l’enfant mineur ou l’enfant s’il est majeur peuvent réaliser un test de paternité. En comparant les ADN des différentes parties, le test va déterminer si oui ou non il y a une relation de parenté père-enfant. Bon à savoir, le test peut être réalisé avant ou après la naissance mais sous certaines conditions.

Si les résultats démontrent qu’il s’agit bien du père biologique, celui-ci peut être condamné à verser des dommages et intérêts à la mère ou une pension alimentaire pour couvrir les besoins de l’enfant. Le juge peut également exiger le remboursement des frais de maternité et d’entretien de la mère pendant les trois mois avant et après la naissance.

Une procédure très encadrée

Conformément à la loi de bioéthique de 1994, seul le juge peut autoriser le test et un avocat devra vous représenter. En dehors de ce cadre, le test est illégal.

Si vous souhaitez réaliser ce test génétique, vous devrez obligatoirement obtenir le consentement du père supposé. Ce dernier est libre de refuser, cependant, le juge peut considérer cette attitude comme un aveu de paternité.

Si votre enfant a été conçu par procréation médicalement assistée (PMA) avec tiers donneur, il est illégal d’utiliser un test pour établir ou contester la paternité. En effet, dans ce cas-ci, la filiation génétique ne correspond pas à la réalité juridique. Légalement, les parents de l’enfant sont le couple receveur. De plus, puisqu’en France le don doit être anonyme, il est interdit d’établir juridiquement la filiation biologique.

Par ailleurs, un test génétique réalisé avant la naissance du bébé est illégal et ne sera donc pas reconnu par la loi.

Comment ça marche ?

Vous souhaitez réaliser un test de paternité ? Vous avez le choix entre deux méthodes :
– Un examen comparatif des sangs du père présumé et de l’enfant.
– Par prélèvement salivaire.
Attention, pour que le test soit reconnu par la loi, les analyses doivent être conduites dans un laboratoire agréé. Dans le cas où l’ADN de l’enfant correspond à celui du père, le test est considéré comme fiable à plus de 99 %. Le père ne peut donc nier le lien de parenté.

Faire un test sur internet, bonne ou mauvaise idée ?

En tapant « test de paternité » sur Google, on tombe sur des dizaines de sites proposant des tests génétiques à des prix très divers. Alors comment choisir son test de paternité sur internet ?

Avant toute chose et pour avoir l’esprit tranquille, mieux vaut s’assurer que le test que vous achetez est fiable. Pour cela, n’hésitez pas à lire les avis des utilisateurs et vérifiez s’il est possible de contacter le site si besoin.

Intéressons-nous maintenant à l’aspect financier. Généralement, les prix des tests sur internet oscillent entre 100 et 200 euros. C’est bien plus cher pour un test de paternité prénatal (près de 1000 euros). Par ailleurs, méfiez-vous des sites qui affichent des prix trop bas.

Une fois commandé, il vous faudra patienter quelques jours avant de recevoir votre kit contenant tout le nécessaire pour effectuer le prélèvement à domicile. Vous devrez ensuite envoyer les échantillons de salive de l’enfant et du père présumé par courrier au laboratoire. Les résultats vous seront envoyés par la poste ou par e-mail.

Attention, si vous décidez de réaliser un test sur internet, les résultats ne seront pas reconnus par le juge car les analyses sont généralement menées dans un laboratoire étranger et donc non agréé en France. Sans valeur juridique, le test ne pourra servir de preuve pour établir ou contester la filiation.