La Russie blackliste les Français désireux d’adopter
Notez ce post

La Russie persiste et signe. Après avoir adopté l’été dernier une loi interdisant l’adoption des enfants russes par les couples homosexuels, le premier ministre Dmitri Medvedev a promulgué mi-février un décret qui interdit l’adoption de ces enfants par les couples résidant dans les pays qui autorisent le mariage homosexuel. Donc la France. Selon ce texte, les enfants russes ne peuvent plus être adoptés par deux personnes du même sexe et dont le mariage est enregistré dans un État qui l’autorise. Selon ce même texte, les célibataires de ces États ne peuvent pas non plus entamer de procédure d’adoption. Peu importe que ce célibataire soit homosexuel ou hétérosexuel !

Le gouvernement russe se justifie en déclarant que la mise en œuvre de ce décret permettra de garantir le respect des droits et des intérêts des orphelins russes. Il demande aussi à ce que ses traditions culturelles et ses normes éthiques et morales soient respectées. À noter qu’il s’était déjà illustré en adoptant une loi qui punit tout acte de propagande homosexuelle devant un mineur. Ou plutôt de propagande des relations sexuelles non traditionnelles… Peut ainsi se retrouver punie d’une amende la diffusion de toute information susceptible d’éveiller l’intérêt des mineurs envers ce type de relations. Et les médias n’en sont pas exclus.

Pas prête de s’arrêter en si bon chemin, la Russie prévoit encore que ses députés débattent d’une nouvelle loi qui retirera aux homosexuels leurs droits parentaux en raison de leur orientation… L’auteur du texte dit s’être appuyé sur une étude américaine rapportant les conséquences négatives de l’homoparentalité pour les enfants.Agence française de l'adoption

Autant de faits qui inquiètent l’Agence française de l’adoption, une agence publique collaborant avec trente-cinq pays. Lors des débats sur le mariage pour tous, elle tirait déjà la sonnette d’alarme : moins d’une vingtaine de pays autorisent l’adoption par des couples homosexuels. Citant la Chine ou le Vietnam, elle indiquait que certains États exigent même des attestations de non-homosexualité de la part des familles adoptantes. Sachant que le nombre d’enfants à adopter dans le monde ne cesse de diminuer : en 2013, environ 1 300 enfants étrangers ont été adoptés par des Français, contre un peu plus de 1 500 en 2012, près de 2 000 en 2011 et environ 4 000 en 2005. La situation s’annonce donc d’autant plus compliquée pour les couples homosexuels.