Un CECOS, ou Centre d’Étude et de Conservation des Œufs et du Sperme humains, est un centre médical spécialisé dans le recueil, la conservation et la distribution de gamètes en France. Ces centres répondent à deux besoins : préserver la fertilité d’une personne avant un traitement médical, et permettre une assistance médicale à la procréation avec don pour celles qui ne peuvent pas concevoir autrement.
Encadré par la loi de bioéthique, chaque CECOS est géré par une équipe médicale pluridisciplinaire. Cet article détaille son fonctionnement, ses missions, et la situation actuelle, très tendue, du don de sperme en France.
Qu’est-ce qu’un CECOS exactement ?
Créé en 1973 à Paris par le professeur Georges David, le premier CECOS a donné naissance à une fédération qui compte aujourd’hui 33 centres répartis sur le territoire métropolitain et en outre-mer. Chaque centre est implanté dans un centre hospitalier universitaire (CHU) et regroupe médecins, biologistes, psychologues et généticiens, autour d’une plateforme de cryobiologie spécialisée.
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Chaque centre travaille en lien étroit avec les services de traitement de l’infertilité et de prise en charge des cancers de son territoire, ce qui lui permet d’intervenir aussi bien pour un don de gamètes que pour une préservation de la fertilité en amont d’un traitement lourd.
À quoi sert un CECOS ?
Grâce à ce type de centre, les personnes confrontées à des problèmes de fertilité peuvent avoir accès à une procréation par don : don de spermatozoïdes, d’ovocytes ou d’embryons. C’est le centre lui-même qui gère l’ensemble du parcours, de l’accueil du donneur jusqu’à l’attribution à la personne receveuse.
Les CECOS accompagnent également les personnes atteintes d’une maladie grave, comme un cancer, dont le traitement présente un risque pour la fertilité. Les gamètes ou les embryons peuvent alors être congelés avant traitement, afin de préserver les chances d’une AMP future. Au-delà du seul acte technique, le CECOS joue un rôle d’accompagnement et de soutien tout au long du parcours, y compris psychologique.
Qui peut aujourd’hui recourir à un CECOS ?
Depuis la loi de bioéthique du 2 août 2021, l’accès à l’assistance médicale à la procréation avec don de spermatozoïdes n’est plus réservé aux couples hétérosexuels infertiles. Les couples de femmes et les femmes non mariées y ont désormais un accès légal et remboursé, ce qui a considérablement transformé le profil des personnes accueillies en CECOS.
Cette ouverture a par ailleurs marqué la fin de l’anonymat strict du donneur vis-à-vis de la personne née du don. Depuis le 1er septembre 2022, tout nouveau donneur doit consentir à ce que son identité et ses données non identifiantes soient communicables à sa majorité, via la Commission d’accès des personnes nées d’une AMP aux données des tiers donneurs (CAPADD).
La France manque toujours de donneurs de sperme
Contrairement à une idée reçue, la pénurie de donneurs n’a pas disparu avec l’ouverture de la PMA : elle s’est même aggravée, la demande ayant explosé bien plus vite que le nombre de candidats au don. Selon le site officiel de l’Agence de la biomédecine dédié au don de spermatozoïdes, au 31 décembre 2025, près de 8 730 personnes étaient en attente d’un don, pour seulement 1 015 hommes candidats au don sur l’année. Le délai d’attente moyen atteint désormais environ 17,7 mois, et peut aller jusqu’à plusieurs années selon les centres.
Ce déséquilibre s’explique en grande partie par un effet mécanique : l’Agence de la biomédecine estime qu’il faudrait au moins 1 400 nouveaux donneurs chaque année pour répondre à la demande, alors que le nombre de candidats reste structurellement inférieur à ce seuil malgré une nette progression depuis 2021.
Pourquoi le nombre de donneurs reste-t-il insuffisant ?
Plusieurs facteurs se combinent pour expliquer cette pénurie persistante :
- une demande en très forte hausse depuis l’ouverture de l’AMP aux femmes seules et aux couples de femmes en 2021 ;
- des campagnes de sensibilisation encore jugées insuffisantes au regard de l’ampleur du besoin ;
- une méconnaissance persistante du don : une large majorité du public se dit encore mal informée sur les modalités du don de gamètes ;
- la nécessité, depuis 2025, de renouveler entièrement le stock de paillettes utilisables, les dons anonymes de l’ancien régime n’étant plus distribuables.
Ce dernier point est important : depuis le 1er avril 2025, seuls les gamètes issus de donneurs ayant consenti à l’accès aux origines peuvent être utilisés en centre d’AMP, ce qui renforce d’autant plus le besoin de nouveaux donneurs. Notre article sur le recours au don de sperme détaille les démarches concrètes pour une personne ou un couple en attente.
CECOS et FIV : quel lien avec la fécondation in vitro ?
Au-delà du don de gamètes, certains CECOS participent également à la prise en charge de la fécondation in vitro (FIV), notamment lorsqu’un double don de sperme et d’ovocytes est nécessaire. Dans ce cas, le centre coordonne l’ensemble du parcours : sélection des gamètes compatibles, préparation du protocole de stimulation ovarienne pour la receveuse, puis transfert d’embryon.
Ce rôle de coordination distingue le CECOS d’une simple banque de sperme : il s’agit d’une structure médicale complète, intégrée à un CHU, capable de gérer l’ensemble du parcours d’AMP avec tiers donneur, du recueil du don jusqu’au suivi de grossesse en lien avec la maternité.
Peut-on encore devenir donneur anonyme ?
Non, plus au sens strict. Le don de spermatozoïdes reste anonyme vis-à-vis des personnes receveuses : donneur et receveurs ne se connaissent jamais mutuellement. En revanche, depuis la réforme de 2021, il n’existe plus d’anonymat total dans le temps : toute personne née d’un don pourra, à sa majorité, demander à connaître l’identité de son donneur si celui-ci a consenti à cette communication.
Cette évolution répond directement aux témoignages de personnes nées d’un don souhaitant connaître leurs origines, un sujet qui a longtemps freiné certains donneurs potentiels par crainte d’être un jour recontactés sans cadre légal clair. Notre article sur pourquoi les donneurs ne craignent pas d’être identifiés revient sur ce changement de perception depuis la loi de 2021.
Qui peut donner ses spermatozoïdes dans un CECOS ?
Toute personne en bonne santé, âgée de 18 à 44 ans inclus, peut candidater au don, qu’elle ait déjà des enfants ou non. Le don reste gratuit et strictement volontaire : il est possible de changer d’avis à tout moment tant que les gamètes n’ont pas été utilisés.
Le parcours se déroule en plusieurs étapes : prise de contact avec le centre, entretiens avec l’équipe médicale et psychologique, puis plusieurs recueils espacés dans le temps. Par sécurité génétique, la loi limite à 10 le nombre maximal d’enfants pouvant naître d’un même donneur.
Sur CoParents, de nombreuses femmes et couples en attente d’un don échangent sur leur parcours en CECOS et sur les alternatives possibles, comme la co-parentalité.
Où trouver la liste des centres près de chez soi ?
Chaque centre dispose de ses propres coordonnées et modalités de prise de rendez-vous, généralement accessibles via le service d’assistance médicale à la procréation du CHU auquel il est rattaché. Il est possible de contacter directement le centre le plus proche de son domicile, ou de demander une orientation lors d’une première consultation gynécologique ou en médecine de la reproduction.
Pour les personnes en couple ou seules envisageant un don, mieux vaut anticiper largement ce premier contact, les délais d’obtention d’un premier rendez-vous s’ajoutant ensuite au délai d’attente du don lui-même.
Combien coûte un don via un CECOS ?
Rien, ni pour le donneur ni pour la personne receveuse concernant l’acte de don lui-même : en France, le don de gamètes est gratuit et ne peut donner lieu à aucune rémunération, conformément au principe de gratuité inscrit dans la loi de bioéthique. Les frais liés aux déplacements ou à d’éventuels arrêts de travail pour les rendez-vous de don peuvent en revanche être pris en charge par le centre, selon les modalités propres à chaque CHU.
Côté receveuse, l’insémination ou la FIV avec don reste prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, dans la limite de six inséminations ou quatre tentatives de FIV, comme pour tout autre parcours d’AMP.
Questions fréquentes sur les CECOS
Combien y a-t-il de CECOS en France ?
La Fédération française des CECOS compte aujourd’hui 33 centres, répartis en métropole et en outre-mer, tous implantés dans des CHU.
Combien de temps faut-il attendre un don de sperme via un CECOS ?
Le délai moyen national est d’environ 17,7 mois, mais il varie fortement selon les centres et peut atteindre plusieurs années dans certaines régions.
Un CECOS peut-il conserver mon sperme avant une chimiothérapie ?
Oui, c’est l’une de ses missions principales : la préservation de la fertilité avant un traitement médical à risque, comme une chimiothérapie ou une radiothérapie, est prise en charge sans condition d’âge liée à un projet parental immédiat.
Le don de sperme est-il toujours anonyme aujourd’hui ?
Vis-à-vis des receveurs, oui. Mais depuis 2021, la personne née du don pourra, à sa majorité, demander l’identité de son donneur si ce dernier y a consenti au moment du don.
Peut-on choisir son CECOS ?
Oui, dans une certaine mesure : une personne peut s’adresser au centre de son choix, mais un donneur ne peut donner que dans un seul CECOS.
En résumé, le CECOS reste un maillon essentiel du parcours de don et de préservation de la fertilité en France, mais la pénurie de donneurs s’est aggravée avec l’ouverture de l’AMP à toutes les femmes en 2021. Faire connaître le don reste, aujourd’hui encore, l’un des enjeux majeurs pour réduire ces délais d’attente.
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