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Peut-on vraiment choisir le sexe de son bébé ?

Bébé illustrant la question de choisir le sexe de son futur enfant

Choisir le sexe de son bébé fascine les futurs parents depuis des siècles, mais aucune méthode naturelle n’a jamais démontré scientifiquement son efficacité. Entre croyances populaires, théories hormonales et méthodes plus récentes, les chances réelles d’influencer le sexe de l’enfant restent proches de 50/50.

Ce guide passe en revue les méthodes les plus connues pour tenter de choisir le sexe de son enfant, ce que la science en dit vraiment, et ce que prévoit la loi française sur ce sujet sensible.

Certains couples souhaitent choisir le sexe de leur enfant pour équilibrer une fratrie déjà composée uniquement de garçons ou de filles, d’autres par simple préférence personnelle. Quelle que soit la motivation, il est utile de distinguer les croyances populaires des méthodes réellement encadrées par la médecine.

L’histoire des méthodes pour choisir le sexe de son bébé

Au Moyen Âge déjà, certains hommes nouaient une ficelle autour d’un testicule, gauche ou droit, selon qu’ils voulaient avoir une fille ou un garçon. Au 18e siècle, les érudits conseillaient au père de se pincer le testicule gauche pour un garçon, tandis que la Pleine Lune était censée favoriser la conception d’une fille.

Ces pratiques, aussi anciennes soient-elles, montrent que l’envie de choisir le sexe de son bébé n’a rien de nouveau. Elles n’ont cependant aucune base scientifique reconnue.

D’autres traditions existent selon les cultures : calendrier chinois basé sur l’âge de la mère et le mois de conception, position de la lune, forme du ventre de la femme enceinte… Aucune de ces croyances populaires n’a résisté à un examen scientifique rigoureux, mais elles restent profondément ancrées dans l’imaginaire collectif autour de la grossesse.

Ce que dit la biologie

Le sexe de l’enfant se détermine au moment de la fécondation : l’ovule porte toujours un chromosome X, tandis que le spermatozoïde porte un chromosome X ou un chromosome Y. Selon l’Ined, il naît en moyenne 105 garçons pour 100 filles dans le monde, un léger déséquilibre biologique qui reste inexpliqué.

Le stress influence-t-il le sexe du bébé ?

Une théorie assez répandue veut que le stress maternel favorise la conception d’une fille. Elle s’appuie sur le rôle du cortisol, l’hormone du stress, qui pourrait empêcher la fixation de l’embryon masculin sur la paroi utérine.

Une étude espagnole publiée dans le Journal of Developmental Origins of Health and Disease et relayée par un article de vulgarisation médicale a mesuré le cortisol capillaire de plus d’une centaine de femmes enceintes. Les chercheurs ont observé des taux plus élevés chez celles qui donnaient naissance à des filles, sans pouvoir expliquer clairement ce lien.

Ce résultat reste isolé et ne permet en aucun cas de choisir le sexe de son enfant en se stressant volontairement, ce qui serait d’ailleurs contre-productif pour la santé de la grossesse. Le stress chronique pendant la grossesse est au contraire associé à des risques accrus de naissance prématurée, ce qui rend cette piste peu recommandable en pratique, même si elle intrigue les chercheurs.

L’alimentation permet-elle de choisir le sexe de son enfant ?

Le « régime du Dr Papa » repose sur l’idée que le pH de la glaire cervicale influence la survie des spermatozoïdes X ou Y. Un pH acide, inférieur à 7, favoriserait les spermatozoïdes X (fille), tandis qu’un pH basique, supérieur à 7, favoriserait les spermatozoïdes Y (garçon).

Pour une fille, ce régime recommande des aliments riches en calcium et en magnésium : poisson, œufs, légumes, fruits secs non salés et eau minérale calcique. Pour un garçon, il privilégie les aliments riches en potassium et en sodium : viandes, charcuteries et boissons riches en sel.

Cette méthode, censée être suivie au moins 3 mois avant la conception, n’a pas été validée par des études cliniques rigoureuses. Elle peut en outre entraîner des carences si elle est appliquée trop strictement, d’où l’importance de demander un avis médical avant de modifier son alimentation dans ce but.

Certains sites annoncent un taux de réussite proche de 75 % pour ce régime, mais ces chiffres reposent sur des témoignages plutôt que sur des essais cliniques contrôlés. Il est donc difficile de savoir si ce résultat dépasse réellement le hasard d’une probabilité de 50/50.

La méthode Shettles pour choisir le sexe de son bébé

Publiée en 1971 par le Dr Landrum Shettles, cette méthode s’appuie sur la durée de vie et la vitesse des spermatozoïdes. Un spermatozoïde peut survivre environ 5 jours dans les voies génitales féminines, et le spermatozoïde Y serait plus rapide mais plus fragile que le spermatozoïde X.

Selon cette théorie, un rapport sexuel plusieurs jours avant l’ovulation favoriserait une fille, car les spermatozoïdes Y n’auraient pas survécu jusqu’à la libération de l’ovule. À l’inverse, un rapport proche de l’ovulation favoriserait un garçon, les spermatozoïdes Y arrivant plus vite à destination.

Pour appliquer cette méthode, il faut d’abord bien connaître son cycle menstruel et suivre sa courbe de température pour repérer précisément le jour de l’ovulation. Malgré des taux de réussite parfois annoncés autour de 75 à 80 %, aucune étude indépendante n’a confirmé ces chiffres de façon fiable.

Positions sexuelles et sexe du bébé : mythe ou réalité ?

Certaines croyances associent une pénétration profonde, comme la levrette, à un rapprochement plus rapide du spermatozoïde vers l’ovule, ce qui favoriserait un garçon. À l’inverse, une position moins profonde, comme le missionnaire, allongerait le trajet et favoriserait une fille.

Cette théorie repose sur les mêmes principes que la méthode Shettles, sans preuve scientifique supplémentaire. Elle a au moins l’avantage de ne présenter aucun danger, contrairement à des régimes alimentaires trop restrictifs.

Comme pour les autres méthodes évoquées plus haut, aucun essai clinique n’a comparé de façon rigoureuse différentes positions sexuelles et leur effet sur le sexe de l’enfant. Le peu de littérature scientifique disponible sur ce sujet précis invite à la plus grande prudence avant d’en tirer des conclusions.

Que dit la loi française sur le choix du sexe du bébé ?

En France, choisir le sexe de son enfant par une technique médicale est strictement interdit, sauf exception thérapeutique. Le diagnostic préimplantatoire, qui permet d’analyser un embryon avant son transfert, n’est autorisé que pour détecter une maladie génétique grave, comme le rappelle cette étude de législation comparée du Sénat sur le diagnostic préimplantatoire.

La sélection du sexe pour convenance personnelle n’entre pas dans ce cadre légal. Un couple ne peut donc pas légalement demander un diagnostic préimplantatoire dans le seul but de choisir le sexe de son enfant, en dehors d’un risque de maladie héréditaire liée au sexe.

Connaître le sexe du bébé n’est pas la même chose que le choisir

Une fois la grossesse confirmée par un test de grossesse, il devient possible de connaître le sexe de l’enfant, généralement lors de l’échographie du deuxième trimestre, entre 18 et 22 semaines d’aménorrhée. Certains tests sanguins précoces permettent aussi de le révéler dès 10 semaines.

Ces examens permettent seulement d’observer le sexe déjà déterminé au moment de la fécondation ; ils ne permettent en aucun cas de le choisir ou de le modifier. La confusion entre « connaître » et « choisir le sexe » du bébé est fréquente, mais il s’agit de deux démarches totalement différentes sur le plan médical.

Comparatif des méthodes pour choisir le sexe de son enfant

Le tableau suivant résume les principales méthodes évoquées et leur niveau de preuve scientifique actuel.

Méthode Principe Preuve scientifique
Stress et cortisol Le stress favoriserait une fille Une étude isolée, non confirmée
Régime du Dr Papa pH de la glaire influencé par l’alimentation Non démontrée
Méthode Shettles Timing des rapports selon l’ovulation Non confirmée par des études indépendantes
Positions sexuelles Profondeur de pénétration Aucune preuve scientifique
Diagnostic préimplantatoire Analyse génétique de l’embryon Fiable, mais réservé aux maladies génétiques graves

Foire aux questions sur le fait de choisir le sexe de son bébé

Peut-on vraiment choisir le sexe de son bébé naturellement ?

Aucune méthode naturelle liée à l’alimentation, au stress, au timing des rapports ou aux positions sexuelles n’a été scientifiquement prouvée pour choisir le sexe de son bébé. Les probabilités restent proches de 50/50.

Le régime du Dr Papa est-il sans danger ?

Suivi trop strictement, ce régime peut entraîner des carences alimentaires. Il est recommandé de consulter un médecin avant d’entreprendre un changement alimentaire important dans le but d’influencer le sexe de l’enfant.

La méthode Shettles fonctionne-t-elle vraiment ?

Certains témoignages rapportent des résultats concluants, mais aucune étude scientifique indépendante n’a confirmé son efficacité de façon fiable. Le hasard biologique explique probablement une grande partie de ces réussites rapportées.

Est-il légal de choisir le sexe de son enfant en France ?

Non, sauf exception médicale strictement encadrée pour éviter une maladie génétique grave liée au sexe. La sélection du sexe pour simple convenance personnelle n’est pas autorisée par la loi française.

Existe-t-il une méthode fiable pour choisir le sexe de son enfant ?

La seule méthode réellement fiable est le diagnostic préimplantatoire réalisé en laboratoire, mais son usage est réservé en France aux couples présentant un risque de maladie génétique grave, et non à la convenance personnelle.

Peut-on connaître le sexe du bébé avant de pouvoir le choisir ?

Oui, l’échographie du deuxième trimestre ou certains tests sanguins précoces permettent de connaître le sexe du bébé, mais cela n’a aucun lien avec la possibilité de le choisir au moment de la conception.

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