FIV : le parcours du combattant

Illustration avec un couple et un médecin qui pratique une FIV

Concevoir sa vie sans enfant ? Hors de question ! De nombreuses personnes qui, pour diverses raisons, ne parviennent pas à faire un enfant naturellement se tournent vers des procédés médicalement assistés. Couple homosexuel ne pouvant pas faire d’enfant ou couple hétérosexuel rencontrant des difficultés dans leur fertilité, la FIV se révèle être un moyen de procréation parmi tant d’autres.
La FIV est aujourd’hui un procédé récurrent, répandu et courant. Ce procédé médical a aidé et aide de très nombreuses personnes et couples. Comment se déroule une FIV ? Et quels sont les inconvénients d’une telle procédure ?

Tout savoir sur la FIV

Qu’est-ce que la FIV ?

FIV signifie Fécondation In Vitro. On parle aussi de fécondation extra-corporelle. Il s’agit très simplement de reproduire en laboratoire ce qu’il se passe naturellement lors d’un rapport sexuel entre un homme et une femme lorsqu’il n’y a pas de contraception présente et que la femme est en période d’ovulation. Les scientifiques sont parvenus à reproduire en laboratoire le phénomène de la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde.

 

Le but est de permettre à de nombreuses personnes qui connaissent des problèmes de fertilité d’accéder aux joies de la maternité et de la paternité.

La FIV est une technique de Procréation Médicalement Assistée ou PMA. Le premier bébé conçu suite à une FIV en France est né en 1982 suite aux travaux du professeur René Frydman.

La FIV est une solution, parmi d’autres, pour faire face à l’infertilité. Ce type de procédé médical peut être mis en place suite à une année, ou plus, de relations sexuelles sans contraception et d’un bilan de fertilité réalisé par un spécialiste.

Dans les faits, comment se déroule une FIV ?

La FIV est un procédé assez simple. Des ovocytes sont tout d’abord prélevés chez la femme. Il s’agit de la ponction. Ces ovocytes doivent être prélevés juste avant l’ovulation, moment du cycle menstruel et hormonal de la femme durant lequel tout est fin prêt pour recevoir un embryon. Lors du processus d’une FIV, la croissance folliculaire est stimulée ainsi que le déclenchement de l’ovulation.

Plus d’ovocytes viables signifient plus de chances de succès. Afin de les obtenir, un traitement hormonal est nécessaire : la stimulation ovarienne. Cette stimulation dure une dizaine de jours. En stimulant la production de plusieurs ovocytes, les médecins souhaitent augmenter les chances.

Ces ovocytes sont ensuite placés dans une boîte de culture avec des spermatozoïdes. Les spermatozoïdes ont été prélevés le même jour que les ovocytes. Ovocytes et spermatozoïdes sont cultivés pendant 48 h, le temps que des embryons se forment. Les embryons sont placés sous l’étroite surveillance des laborantins. Les embryons sont notés de 1 à 3. Les plus robustes et les mieux formés sont sélectionnés.

Ces derniers sont ensuite transférés dans l’utérus de la femme. Il s’agit du transfert embryonnaire. L’embryon devra effectuer une nidation dans l’utérus. L’embryon doit s’accrocher suffisamment afin de se développer pour que la grossesse soit un succès.
Pour connaître le résultat, il faut attendre plusieurs jours (deux semaines environ). Si les règles n’arrivent pas, la femme peut procéder à un test pour savoir si la FIV a fonctionné. Si en revanche, les règles apparaissent, la FIV a échoué.

FIV classique et FIV ICSI, quelles différences ?

Au moment de la mise en fécondation du sperme et des ovocytes, deux types de FIV peuvent être possibles. La première est appelée FIV classique, les spermatozoïdes sont mis avec l’ovocyte simplement et sans intervention.

La seconde est appelée FIV ICSI. ICSI pour Injection Intra-Cytoplasmique de Spermatozoïde. Celle-ci est plus technique. Le spermatozoïde est directement inséré dans l’ovocyte avec une pipette pour multiplier les chances de formation de l’embryon.

Tout comme la FIV classique, la formation de l’embryon se déroule in vitro, c’est à dire à l’extérieur du corps de la femme. Les deux types de FIV ont des taux de réussite semblables.

À qui s’adresse la FIV ?

La FIV s’adresse aux couples hétérosexuels rencontrant des problèmes de fertilité. La FIV est une solution aussi bien pour les femmes qui connaissent divers problèmes de fertilité (manque d’ovulation, endométriose, etc.), que pour les hommes qui rencontrent des problèmes de qualité du sperme, par exemple. D’autres solutions sont néanmoins possibles comme l’insémination artificielle ou encore les traitements hormonaux.

La FIV s’adresse aussi particulièrement aux couples homosexuels femmes souhaitant concevoir un enfant. Dans ce cas la FIV se réalise avec un don de sperme.

Il faut savoir que la FIV est remboursée par la sécurité sociale jusqu’à 43 ans. La loi n’interdit pas en revanche l’accès à la PMA au-delà de cet âge.

Quelles sont les chances de réussite d’une FIV ?

Les taux de réussite de la FIV varient d’un centre à l’autre. Le taux de réussite de la FIV reste cependant assez faible. De nombreux couples abandonnent après une première tentative qui se solde par un échec (1 couple sur 4). Ils sont 34% à abandonner après un 2e essai et 42% après un 3e essai. Il faut dire que le procédé est long, fatigant et difficile.
L’Ined (Institut national d’études démographiques) a mené une enquête approfondie sur 8 centres d’AMP français sur huit ans. Il est conclu que sur 100 couples débutant une FIV, 59 couples ont quitté le programme sans enfants et 41 couples sont devenus parents à la suite d’une ou plusieurs FIV.

Il n’existe pas de chiffres exacts, mais certains médecins s’accordent à dire que les femmes tombent généralement enceintes au bout de la 3e ou 4e tentative. La réussite augmente donc avec le nombre de tentative.

De nombreux éléments différents peuvent interférer dans la réussite d’une FIV :

  • L’avortement spontané. Il peut arriver que la grossesse n’arrive pas à terme suite à une fausse-couche. Certaines femmes sont sujettes aux fausses-couches à répétition.
  • La fécondation ne se réalise pas. Le don d’ovocytes ou de sperme est alors nécessaire.
  • La nidation ne se réalise pas. L’embryon transféré ne parvient pas à s’attacher à la cavité utérine, pour de nombreuses raisons (infections, maladies, endométriose, etc.)

La FIV, un parcours semé d’embûches

Se lancer dans un parcours FIV requiert patience, détermination et énergie. C’est souvent un parcours laborieux, long et éprouvant. Un processus ponctué d’espoirs et de désillusions. Le corps de la femme est observé et mis à rude épreuve. La FIV nécessite la mise en place d’un traitement. Le couple doit se serrer les coudes et savoir prendre du recul quand il le faut.

Le parcours de FIV demande, de plus, une grande disponibilité. Il est nécessaire de rencontrer divers médecins, de faire plusieurs analyses. Et il faut aussi continuer à vivre et à travailler. La FIV peut mettre à l’épreuve sans aucun doute votre motivation.

Pour tout un tas de raisons, vous pouvez passer par des moments de doutes. Après un premier essai infructueux, il est normal d’être déçu, de se sentir impuissant, d’avoir le moral à la baisse. Bien que les médecins n’aient pas toujours le temps, il est important de trouver une oreille attentive afin de confier vos craintes et vos interrogations. Une infirmière, votre médecin traitant ou votre gynécologue peuvent se révéler être un précieux soutien. Consulter un psychologue en parallèle de la procédure est aussi une excellente idée. Ce professionnel pourra apporter une aide indispensable pour faire face aux nombreuses émotions par lesquelles on passe.

Le conjoint ou la conjointe accompagnant-e doit être présent. Il est important qu’il ou qu’elle soit là pour soutenir son ou sa partenaire dans ce processus. Il ne faut pas oublier que tous ces rendez-vous ont pour but d’agrandir la famille et de donner la vie. Face aux procédures scientifiques assez déshumanisées, la présence du partenaire et son soutien rappellent l’amour et l’union qui vous lient. C’est très important pour le moral.

Les demandes de FIV étant toujours plus nombreuses en France, les rendez-vous ont tendance à s’espacer, les médecins à être dépassés. Les délais sont alors longs dans certaines régions ou dans certains centres. De plus, il faut savoir laisser reposer le corps entre chaque essai de FIV (environ 3 mois). Vous l’aurez compris c’est une aventure complexe, hasardeuse et qui peut être longue.

D’autres techniques en plus de la FIV

Pour multiplier les chances de succès d’une FIV, d’autres procédés médicaux peuvent venir s’ajouter comme le don d’ovocytes, le don de sperme ou encore le DPI (diagnostic pré-implantatoire).

La question du don d’ovocyte

Nous savons qu’après 35 ans, les femmes sont bien moins fertiles. À partir de 37 ans, la fertilité de la femme s’effondre. Elles auront moins de chance de voir leur FIV réussir. Un don d’ovocyte est alors conseillé. Le don d’ovocyte est recommandé aussi en cas de déficience ovarienne ou d’insuffisance ovarienne précoce.

Le taux de grossesse à terme passe de 22% à 32% avec don d’ovocyte. C’est donc un moyen intéressant de multiplier ses chances de succès.

Cependant le don d’ovocyte reste rare en France. Très peu de dons sont réalisés. Il manquerait des centaines et des centaines de dons pour répondre à toutes les demandes de couples dans l’impossibilité de procréer. Le don d’ovocytes reste un acte médical peu connu, peu répandu et contraignant.

Les couples en demande de don se retrouvent sur des listes d’attente plus ou moins longue. Le délai de base est de 18 mois environ.

Si la limite d’âge est de 37 ans pour les donneuses d’ovocytes, il n’y a pas, théoriquement de limite d’âge pour recevoir des ovocytes. En France, les femmes sont remboursées par la Sécurité Sociale pour un don d’ovocyte jusqu’à 43 ans. En réalité, à partir de 40 ans, les demandes ne sont pas prises en compte, car elles sont déjà trop nombreuses. Les femmes de plus de 40 ans vont alors directement à l’étranger.

Quoi faire après la FIV ?

Les couples rencontrant des échecs répétés après plusieurs tentatives de FIV peuvent se tourner vers la GPA. Cela reste une option coûteuse et illégale en France. Avoir recours à une mère porteuse est possible notamment aux Etats-Unis ou en Grèce.

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