La PMA pour les femmes seules en France
La PMA pour les femmes seules est une réalité de plus en plus répandue. Les femmes célibataires sont en effet de plus en plus nombreuses à choisir de faire un bébé grâce aux techniques de procréation médicalement assistée. La PMA pour les femmes seules recouvre plusieurs techniques : insémination artificielle avec don de sperme, fécondation in vitro (FIV) avec sperme de donneur, don d’ovocytes ou encore accueil d’embryons.
Toutefois, les choses sont loin d’être simples puisque les Françaises seules n’ont toujours pas accès à l’AMP sur le territoire national. L’occasion pour nous de faire le point sur les techniques pour tomber enceinte lorsque l’on est une femme seule et sur les lois en France.
PMA pour les femmes seules : que dit la loi française ?
En France, la PMA pour les femmes seules comme pour les couples de femmes n’est pas autorisée dans le cadre légal actuel. Encadrée et définie par les articles L. 2141-1 et suivants du code de la santé publique, la PMA est exclusivement autorisée pour les couples hétérosexuels mariés, pacsés ou en concubinage depuis 2 ans. Elle concerne uniquement ceux souffrant d’une infertilité médicalement constatée ou risquant de transmettre une maladie génétique à leur bébé.
L’ouverture de la PMA à toutes les femmes
La procréation médicalement assistée pour toutes est une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Au début de l’été 2017, l’ouverture de la PMA aux femmes célibataires et aux couples lesbiens a reçu un avis favorable du Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Les États généraux de la bioéthique ont été lancés pour en débattre, en préalable à la révision des lois de bioéthique.
Ainsi, dans un futur proche, il est possible qu’une loi autorise la PMA pour les femmes seules en France, ce qui n’est pas le cas actuellement.
Comment bénéficier de la PMA quand on est une femme seule ?
Si en France certains médecins ont reconnu avoir aidé des célibataires à tomber enceintes, la pratique est pourtant illégale. C’est pour cela que de nombreuses Françaises se tournent vers l’étranger pour enfin fonder leur famille.
Elles peuvent notamment faire une insémination artificielle avec sperme de donneur, recevoir un don d’ovocyte et faire une fécondation in vitro en Belgique où la PMA pour les femmes seules et les couples lesbiens est autorisée au même titre que pour les couples hétérosexuels infertiles. Par ailleurs, dans ce pays, le don de sperme non anonyme est légal.
Certaines femmes choisissent de faire une FIV en Espagne, où les lois sont également plus souples et le temps d’attente pour bénéficier d’un don d’ovocytes plus court. D’autres s’envolent pour le Danemark, la Grèce ou encore le Royaume-Uni.
À noter : une femme célibataire qui suit un traitement de PMA à l’étranger ou a recours à des pratiques non encadrées par la loi ne sera pas remboursée par la sécurité sociale.
Quelles techniques de PMA pour les femmes seules ?
Les célibataires souhaitant devenir mamans ont le choix entre plusieurs techniques. Cette décision dépendra de leur âge, leur fertilité, mais aussi de leur budget. Ainsi, une femme sans partenaire et avec des trompes bouchées effectuera une FIV avec don d’ovocytes et don de sperme. Une femme sans problèmes de fertilité pourra concevoir via une insémination artificielle avec don de sperme, une technique moins coûteuse.
Insémination artisanale non médicalisée
De nombreuses futures mamans solos choisissent de tomber enceinte via une insémination artisanale à domicile. Pour cela, la femme peut se procurer du sperme de donneur congelé dans une banque de sperme privée. Le donneur peut également être un ami ou une personne rencontrée sur internet.
Cette technique consiste à injecter le sperme à l’aide d’une seringue sans aiguille ou d’une pipette dans le vagin pendant l’ovulation. Attention, l’insémination artisanale est illégale en France. Par ailleurs, le don de sperme doit être anonyme, volontaire et gratuit et s’effectuer dans le cadre d’un des CECOS.
Insémination artificielle avec sperme de donneur (IAD)
Faire un bébé sans partenaire est possible grâce au don de sperme et notamment via une insémination artificielle avec sperme de donneur (IAD). Le médecin prescrit généralement une stimulation ovarienne en complément de l’insémination. Ensuite, après avoir déclenché l’ovulation par un traitement hormonal, le sperme est introduit dans l’utérus par le biais d’un cathéter.
Malheureusement, comme expliqué plus haut, la PMA pour les femmes seules en France reste inaccessible dans le cadre légal actuel.
Fécondation in vitro avec donneur de sperme
Si l’insémination artificielle échoue à plusieurs reprises, ou si les trompes de Fallope sont bouchées, une autre possibilité est de concevoir par FIV. Cette technique consiste à organiser la rencontre entre les spermatozoïdes et les ovocytes en laboratoire pour permettre la fécondation.
Après une stimulation ovarienne, plusieurs follicules ovariens sont ponctionnés via une opération chirurgicale. Ensuite, chaque ovocyte est fécondé par les spermatozoïdes dans une boîte en verre. Une fois suffisamment développés, les embryons sont transférés dans l’utérus de la patiente.
Fécondation in vitro avec don de sperme et d’ovocytes (FIV double don)
En cas de réserve ovarienne faible, d’absence d’ovocytes ou de risque de transmettre une maladie génétique, il est possible de faire un bébé avec un don d’ovocyte. Les ovocytes de la donneuse sont fécondés in vitro avec les gamètes mâles. Puisque les ovocytes proviennent d’une donneuse, la future maman n’aura pas besoin de stimulation ovarienne.
La FIV double don (ovocytes + spermatozoïdes) est une pratique illégale en France, mais accessible à l’étranger dans le cadre de la PMA pour les femmes seules.
Le don et l’accueil d’embryons
Les futures mamans solos peuvent également bénéficier d’un don d’embryon pour tomber enceinte. Il s’agit des embryons non utilisés et conservés par d’autres femmes lors de leurs FIV.
Cette pratique permet d’éviter les étapes de la stimulation ovarienne et de la ponction folliculaire. La patiente devra d’abord suivre un traitement hormonal pour préparer l’endomètre, puis les embryons décongelés sont transférés dans l’utérus.
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