Infection vaginale et fertilité : ce que chaque type d’infection peut vous faire perdre
Une infection vaginale peut-elle vous rendre infertile ? La réponse dépend du type d’infection. Certaines sont bénignes et se traitent rapidement sans séquelles, d’autres peuvent entraîner des lésions irréversibles des trompes de Fallope et compromettre définitivement les chances de concevoir. En France, environ 4 % des femmes sont porteuses de chlamydia sans le savoir — une infection souvent asymptomatique qui est pourtant l’une des premières causes d’infertilité féminine évitable. Voici le point complet sur chaque type d’infection vaginale, ses effets sur la fertilité et les traitements disponibles.
Pourquoi une infection vaginale peut-elle affecter la fertilité ?
À l’état normal, le vagin abrite une flore bactérienne protectrice — principalement des lactobacilles — qui maintient un pH acide défavorable aux agents pathogènes. Lorsque cette flore est déséquilibrée par un événement extérieur (prise d’antibiotiques, rapports non protégés, stress, etc.), une infection vaginale peut se développer.
L’impact sur la fertilité varie selon le type d’infection :
- certaines altèrent la glaire cervicale, rendant la progression des spermatozoïdes plus difficile ;
- d’autres atteignent les trompes de Fallope et peuvent les obstruer de façon permanente ;
- d’autres encore augmentent le risque de fausse couche, de grossesse extra-utérine ou d’accouchement prématuré.
La règle générale est simple : toute infection vaginale diagnostiquée doit être traitée avant tout projet de grossesse, et idéalement dépistée lors d’un bilan pré-conceptionnel. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), le dépistage des IST fait partie des recommandations de suivi gynécologique régulier.
Les infections à champignons : la mycose vaginale
La mycose génitale est la plus fréquente des infections vaginales. Elle est causée par le Candida Albicans, un champignon microscopique naturellement présent dans le vagin, dont la prolifération excessive survient lors d’un déséquilibre de la flore. Les symptômes sont caractéristiques : pertes blanches épaisses, démangeaisons intenses, brûlures lors des rapports sexuels.
Sur le plan de la fertilité, la mycose vaginale peut provoquer une opacité de la glaire cervicale, ce qui réduit la perméabilité aux spermatozoïdes et peut gêner la fécondation. Il est cependant possible de tenter de concevoir même en présence d’une mycose active — l’impact sur la fertilité est temporaire et limité.
Le traitement repose sur des antifongiques locaux (ovules vaginaux) ou oraux, sur prescription médicale. La guérison intervient généralement en 1 à 7 jours. Pour éviter les récidives, il est conseillé d’utiliser un savon neutre après l’infection, et de traiter le partenaire masculin en cas de signes d’infection sur la verge. Pour en savoir plus sur l’impact de la mycose génitale pendant la grossesse, consultez notre article dédié.
Les infections virales
L’herpès génital
L’herpès génital touche environ 20 % des femmes en France. Cette infection vaginale virale est due aux virus HSV I et II, transmis sexuellement. Elle se manifeste par des petites vésicules douloureuses et transparentes sur les organes génitaux. Il n’existe pas de traitement curatif : le virus reste dans l’organisme à vie et peut se réactiver.
L’herpès génital n’est pas reconnu comme cause directe d’infertilité. Cependant, sa présence simultanée avec d’autres infections peut aggraver le risque. Un bilan de dépistage complet — prélèvements sanguins et vaginaux — est recommandé pour écarter toute co-infection. Des médicaments antiviraux permettent d’atténuer les symptômes et de réduire la fréquence des poussées.
Le condylome vaginal (papillomavirus)
Causé par le papillomavirus humain (HPV) et transmis sexuellement, le condylome vaginal se manifeste par l’apparition de verrues génitales caractéristiques. On estime qu’environ 3 % des femmes enceintes sont atteintes par cette infection.
Le condylome vaginal représente un risque réel pour la fertilité : il peut provoquer des lésions importantes au niveau du col de l’utérus, susceptibles d’altérer la fécondation ou le déroulement d’une grossesse. Pendant la grossesse, l’infection peut se transmettre à l’enfant lors de l’accouchement et entraîner des lésions du larynx ou de la bouche chez le nouveau-né. Le traitement pendant la grossesse associe une crème abrasive et parfois une cryothérapie.
La prévention passe par la vaccination Gardasil, recommandée avant les premiers rapports sexuels ou dans l’année qui les suit, pour protéger contre les souches de HPV les plus oncogènes.
Les infections bactériennes : les plus dangereuses pour la fertilité
L’infection à Chlamydia trachomatis
La chlamydia est l’IST la plus répandue en France. Elle touche environ 4 % des femmes et 3 % des hommes, et reste asymptomatique dans 70 % des cas chez les femmes et 50 % chez les hommes. Nombreuses sont celles qui en sont porteuses sans le savoir.
Cette infection vaginale bactérienne est l’une des causes les plus fréquentes d’infertilité féminine évitable : elle peut provoquer une salpingite (infection des trompes de Fallope) entraînant leur obstruction, une grossesse extra-utérine, une fausse couche, un accouchement prématuré ou une infection grave de la muqueuse utérine. Chez l’homme, elle peut affecter la qualité du sperme.
Le diagnostic repose sur un prélèvement cervico-vaginal chez la femme et un jet d’urines chez l’homme. Le traitement antibiotique est efficace — en une seule prise ou sur une à deux semaines selon le protocole — et doit être suivi par les deux partenaires simultanément.
L’infection à Neisseria gonorrhoeae (gonorrhée)
La gonorrhée — anciennement appelée « chaude pisse » — est une infection vaginale bactérienne elle aussi majoritairement asymptomatique. Elle progresse en silence et peut causer une infertilité tant chez la femme que chez l’homme, ainsi que des syndromes inflammatoires chroniques pelviens, surtout lorsqu’elle est associée à une chlamydia.
Le diagnostic se fait par prélèvement cervico-vaginal. Le traitement repose sur des antibiotiques. Attention : la résistance aux antibiotiques de Neisseria gonorrhoeae est en augmentation en France, ce qui rend le suivi médical indispensable pour adapter le traitement. En cas de gonorrhée pendant la grossesse, le risque de transmission à l’enfant lors de l’accouchement est d’environ 30 %, pouvant entraîner un risque de cécité chez le nouveau-né.
La vaginose bactérienne
La vaginose bactérienne résulte d’un déséquilibre important de la flore vaginale, avec prolifération de bactéries anaérobies. Elle est asymptomatique dans 50 % des cas. Quand des symptômes apparaissent, ils se caractérisent par des pertes vaginales anormales et malodorantes.
Sur le plan de la fertilité, la vaginose bactérienne rend la glaire cervicale moins perméable aux spermatozoïdes, réduisant les chances de tomber enceinte. Elle peut également déclencher une fausse couche ou un accouchement prématuré. Il est donc fortement recommandé de traiter cette infection vaginale avant tout désir de grossesse.
Que faire si vous avez une infection vaginale et souhaitez concevoir ?
La première démarche est de consulter rapidement votre gynécologue. Un bilan complet — prélèvement cervico-vaginal, sérologies IST, bilan hormonal si nécessaire — permet d’identifier précisément le type d’infection vaginale en cause et d’adapter le traitement. Certaines infections, comme la chlamydia, nécessitent le traitement simultané des deux partenaires.
Une fois l’infection traitée et guérie, la fertilité revient généralement à la normale pour les infections fongiques et bactériennes diagnostiquées tôt. En revanche, une infection non traitée pendant plusieurs mois ou années peut entraîner des lésions permanentes des trompes, nécessitant alors un recours à la fécondation in vitro (FIV) ou à d’autres techniques de prise en charge de l’infertilité féminine.
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FAQ — Questions fréquentes sur l’infection vaginale et la fertilité
Une infection vaginale peut-elle rendre infertile ?
Cela dépend du type d’infection vaginale. La mycose et la vaginose bactérienne réduisent temporairement les chances de conception mais n’entraînent pas d’infertilité durable si elles sont traitées. En revanche, la chlamydia et la gonorrhée non traitées peuvent provoquer des lésions irréversibles des trompes de Fallope, cause d’infertilité définitive chez la femme.
Comment savoir si j’ai une infection vaginale qui affecte ma fertilité ?
Beaucoup d’infections, notamment la chlamydia et la gonorrhée, sont asymptomatiques. Seul un dépistage gynécologique — prélèvement cervico-vaginal et sérologies IST — permet de les détecter. Ce dépistage est recommandé dans le cadre d’un bilan pré-conceptionnel, surtout si vous souhaitez tomber enceinte prochainement.
Peut-on tomber enceinte avec une mycose vaginale ?
Oui, c’est possible mais la mycose peut compliquer la conception en épaississant la glaire cervicale. Il est préférable de traiter l’infection vaginale avant de débuter les essais bébé. Le traitement antifongique local est rapide et efficace en 1 à 7 jours.
La chlamydia se traite-t-elle facilement ?
Oui. La chlamydia se traite par antibiotiques, soit en une seule prise (azithromycine), soit sur une durée d’une à deux semaines (doxycycline). Le traitement doit être suivi simultanément par les deux partenaires. Un test de contrôle est recommandé 3 à 4 semaines après la fin du traitement pour confirmer la guérison.
Faut-il se faire dépister pour les IST avant un projet de grossesse ?
Oui, le dépistage systématique des IST — notamment chlamydia, gonorrhée et herpès — est fortement recommandé avant tout projet de conception. Ce bilan permet d’identifier et traiter toute infection vaginale susceptible de nuire à la fertilité ou au bon déroulement de la grossesse, et fait partie des recommandations de la Haute Autorité de Santé.
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